Essayer le Co-entrepreneuriat au Cameroun et en Afrique.

Je ne sais plus trop où mais j’ai vu un article il ya un moment, qui disait les quatre phrases qu’il ne faut jamais prononcer quand on souhaite entreprendre.
L’une d’entre elles était qu’il ne faut jamais ce dire qu’il ya trop de concurrents.
Je crois que l’article justifiait cela en disant que qu’entreprendre est une aventure et qu’il ne faut jamais avoir peur de se lancer.

L’entrepreneur débutant croisera toujours ce type de motivation entrepreneuriale.
Que ce soit par un article ou un mentor, c’est facile de propulser un plus jeune en lui disant, crois en ton projet, innove, rend l’unique et tu attireras plus de marché. On ne se rend pas compte directement mais l’impact psychologique de cela est très sévère et sérieux.
Constant FOUOPO, le professeur agrégé en économie avec qui j’ai eu l’honneur de discuter à Yaoundé il ya quelques jours m’a dit quelques chose : Tu sais Jovial, dans un pays, on fait tout pour faciliter l’exportation et réduire l’importation au minimum, pour favoriser l’économie locale. Mais si quelqu’un a un espace de production bien plus grand et un système de production plus rapide que celui du même service au Cameroun, même avec les taxes douanières, il sera toujours assez compétitif. C’est le cas du sucre indien, qui même vendu à 200Frs rapporterais toujours par rapport à celui de 700Frs de Socucam.
C’était pour m’expliquer à quel point les ressources sont importantes quand on parle de concurrence.

Je dis toujours aux jeunes qui voudraient entreprendre de me dire pourquoi ils le souhaitent. Presque tous répondent pour gagner de l’argent.
Cela prête à se perdre de remarquer que la concurrence sur un marché ne se joue pas principalement sur la qualité du service/produit, ou de la stratégie Marketing… Mais surtout sur le niveau de l’investissement de chaque concurrent.
Il faut surtout faire la différence entre l’entrepreneuriat à la mode et l’entrepreneuriat moderne. Provoquer l’adrénaline entrepreneuriale chez le jeune le pousse a le faire sans avoir des raisons essentielles, propre a ce qu’il est et a son vécu.
Je crois qu’il faut désormais présenter à ses jeunes quels sont les avantages et opportunités d’entreprendre jeune dans notre contexte.

Revenons à ma conversation avec Constant. Je l’ai demandé s’il était possible d’associer les micro-expertises et concurrences locales afin d’être plus assis sur le marché qu’une concurrence internationale. Il m’a répondu sans doute et avec un léger sourire : “assurément!” Il ajoute que la fusion des ressources ne sera pas seulement économique mais aussi intellectuelle.
Me voilà été conforté de savoir q’il y aurait donc tout à y gagner dans ce que j’appelle : Le co-entrepreneuriat>.
Ne demandez pas à la population locale de consommer local parce qu’il faut être rebelle à la production internationale. Mais demandez à la population locale de consommer local parce que le produit local est de qualité. Pour cela, il faut surtout éviter la disruption entrepreneuriale en essayant de conquérir le monde de soi même, en une seule personne.
Si l’ambition que l’on se fixe à termes d’entreprendre est de gagner de l’argent, ce sera assurément la meilleure idée qu’il soit d’associer les innovations locales (micro-innovations) œuvrant sur les mêmes marchés. Une conception qui multiplie les ressources intellectuelles et économiques mais surtout le control du marché par la condensation d’expertises dans un seul et même produit.

Vu du balcon, ce que le jeune dit n’est pas très exactement ce qu’il pense. Je souhaite :
– L’émergence de mon pays? De mon Afrique?
– Ou la reconnaissance de mon pays? Mon Afrique?
Le jeune a encore besoin de s’asseoir et de réussir à savoir ce qui est le plus important pour lui de l’un par rapport à l’autre.

Cela me rappelle, il ya un petit moment, j’étais sorti avec ma jeune sœur fêter avec elle la réussite de son probatoire. Nous sommes passé par un coin de vente de shawarma. Dieu seul sais à quel point j’aime ce truc… Et elle m’a dit qu’elle en voulait un.
Je lui ai donné 2000Frs qu’elle en achète deux. Il y avait deux vendeurs de shawarma. Donc perplexe, elle en a acheté un à chaque fournisseur. Et puis au retour elle m’a demandé de faire un choix. Pour lui faire le petit cours sur le Co-entrepreneuriat, on en a discuté un peu.
Moi : Jeune fille, tu ne trouve pas quand même bizarre deux fournisseurs du même service dans le même environnement?
Erica : Hum… Oui un peu. En fait, je me suis toujours demandé pourquoi ils font cela.
Moi : c’était différent la façon de faire chacun par rapport à l’autre quand tu observais?
Erica : Le premier a utilisé plus la salade et la tomate tandis que le deuxième, ketchup, oignon et mayonnaise.
Moi : tu vois que les deux en s’associant auraient pu produire un service de meilleure qualité n’est ce pas?
Erica : Oui en fait. Je vois bien le mélange des deux. Et personnellement j’aurais beaucoup aimé. En plus, cela aurait été au même prix! Et eux de perdant rien du tout.
Moi : En effet.
Erica : Bon. On a beaucoup philosophé. Que choisis-tu?
Moi : pour que tu retiennes en entier ce que j’essayais de t’enseigner, on va mélanger les deux. Puis ce sera un shawarma que l’on va diviser en deux. Tu prendras ta part, moi la mienne.
Erica (riant aux éclats) : trop fort! Ok compris grand.

En repensant la notion d’être entreprenant et de Co-entreprendre, Je pense que l’Africain sera plus apte à pouvoir manipuler avec un groupe, le marché.
Le plus difficile n’est plus d’entreprendre ou de croire en un projet. C’est désormais de savoir pourquoi on le fait concrètement. Et surtout si on est capable de négliger son image sociale au détriment d’un objectif collectif.

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Jovial DOUANLA
Twitter : jdouanla01

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